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Catégorie : Culture
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Nos confrères Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont fait cette incroyable découverte. Ils en ont tiré un livre, Inch'allah, une enquête rigoureuse, mais qui va à l'encontre de toutes les informations disponibles jusqu'à présent. Stupéfaction à la rédaction et chez nos collègues du Monde.

 

N'arrivant pas à croire une telle information, et du fait de notre grande vigilance face aux fake news, nous avons décidé de rencontrer les deux journalistes pour qu'ils nous décrivent eux-mêmes ce qu'ils ont vécu. Ils nous reçoivent une après-midi entière pour nous raconter leur voyage extraordinaire.

L'idée de l'enquête est venue de Fabrice Lhomme, dont la femme de ménage d'origine tunisienne était arrivée en retard un matin à cause d'une panne de la ligne 13 de métro. La conversation avait alors dévié sur son lieu de résidence, Saint Denis. Elle lui avoua finalement que les gens de son immeuble s'étaient réunis tous ensemble pour fêter l'Aïd El Fitr. Surpris, parce qu'il n'avait jamais vu de telles célébrations collectives que lors de ses séjours hivernaux dans de luxueux riads à Marrakech, il en vient à lui poser des questions sur sa ville et sur ses habitants.

En bon journaliste, il flaire le scoop, et décide de contacter son ami et collègue Gérard Davet. Ce dernier ne le croit pas, il lui rétorque que sa femme de ménage a tout inventé pour qu'il oublie qu'il était fâché de son retard. Comme Fabrice insiste, arguant qu'elle paraissait vraiment sincère, ils conviennent malgré tout d'aller visiter Saint Denis, en métro, parce que l'employée lui avait assuré qu'il y avait surtout « des noirs et des arabes » dans la ligne 13.

Pour la première fois de leur vie, les deux compères se dirigent vers les célèbres bouches parisiennes signalées par la lettre M. Après avoir regardé une demie-heure le plan affiché sur le mur et d'être fait expliquer comme on achète un ticket, ils montent finalement dans la rame.

Au fur et à mesure que le train s'éloigne du centre de Paris, ils constatent à leur grand étonnement que de plus en plus de personnes d'origine africaine et maghrébine montent dans la rame, jusqu'à représenter la quasi totalité des occupants.

Lorsqu'ils sortent au terminus à Saint Denis, c'est jour de marché. Des étals emplis de légumes, d'épices et de fruits secs se succèdent. Les femmes, quasiment toutes voilées, parfois vêtues d'un boubou, parfois d'une burqa noire, font les courses, accompagnées d'un tuteur masculin vêtu d'une djellaba ou d'un caftan avec une capuche pointue.

« C'est incroyable, on se croirait à la place Jemaa-el-Fna », fait remarquer Fabrice Lhomme à son acolyte. « Oui. Mais il manque les charmeurs de serpents, et les femmes sont plus voilées ici », lui répond-il, tout aussi stupéfait.

Soudain, des hauts-parleurs diffusent l'appel à la prière. Tout le monde sans exception cesse ses activités, et se met à prier en direction de la Mecque. Les deux amis se sentent un peu seuls, encore plus lorsque la prière est terminée et que la foule les fixe du regard comme des intrus.

Pris de panique, ils décident de s'enfuir au plus vite. Ils se réfugient entre deux voitures à l'écart du marché, et réservent rapidement un Uber avec l'application de leur téléphone. C'est tout chamboulés qu'ils retournent à Paris dans la grosse Citroën C6 noire.

« Ils ne nous croiront pas au Monde Fabrice. », laisse échapper Gérard. « Ni chez Arte. N'empêche, j'avais raison ! », répond-il.