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Catégorie : Culture
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Au collège Pablo Picasso, à Paris, les enseignants enseignent le français, avec l'autorisation expresse de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation Nationale.

L'expérience a été initiée par un professeur de français, monsieur Glouzeau, qui a suggéré l'étonnante idée d'apprendre le français au collège. « Au début, les collègues me prenaient pour un fou, ou un affreux réac : ça ne s'enseigne plus depuis les années soixante cette matière qu'ils disaient ! », confie-t-il à notre reporter. Le principal n'était pas a priori défavorable à cette expérimentation, mais il a exigé qu'il obtienne l'autorisation directement du ministre. Il craignait en effet d'en être tenu responsable par des hommes politiques et des syndicats enseignants.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. « Une honte, on va encore creuser les inégalités sociales et stigmatiser les élèves en difficulté », vitupère Najat Vallaud-Belkacem, l'ancienne ministre de l’Éducation Nationale. « On en demande trop aux enseignants ! Depuis quand un professeur de français doit-il enseigner le français ? », s'insurge Pascal Pech, le président du SNES.

Les réactions des élèves sont plus favorables.

« En fait elle est super belle cette langue, j'adore ! Et maintenant je peux même lire des livres ! Dommage qu'on ne nous l'ait pas apprise à l'école primaire », regrette Yasmine. « C'est étonnant ces signes qui correspondent à des sons. Je m'amuse bien. Et je peux lire l’Équipe maintenant !, enchérit Tadzio. « Je peux écrire des lettres à mes grands-parents qui habitent dans le sud ! Je ne les vois que pendant l'été, et comme ils n'ont ni internet ni téléphone, je peux avoir de leurs nouvelles toute l'année maintenant ! », se réjouit Joseph.

Jean-Michel Blanquer, interrogé par notre journal, se refuse à tout commentaire. Nul doute qu'il craint la réaction des syndicats enseignants et de l'opposition.