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Emmanuel Macron à son arrivée à la mairie de Verdun (Meuse), mardi 6 novembre 2018.

Interpellé par des habitants de Verdun sur les carburants et la hausse de la CSG, le Président de la République ne se démonte pas. Il « assume » la hausse des taxes, et entend poursuivre sur sa lancée, jupitérien.

 

Soucieux de se rapprocher du peuple tout en imposant son autorité, Emmanuel Macron a décidé d'entamer une série de visites pour rencontrer des gens ordinaires. Rues des petites villes et bars sont au programme de sa tournée. A Verdun, sa politique a été durement critiquée par la population, qui lui reproche en particulier ses hausses d'impôts. Mais il ne s'est pas départi de sa morgue, et a répondu de manière cinglante à chaque reproche.

A une vieille dame qui lui fit remarquer que « 30€ » de baisse du minimum vieillesse quand sa facture de gaz augmente de « 250€ », c'est excessif pour ses finances, il répondit : « les choses se font comme ça, tout d'un coup, on augmente les impôts, on baisse les dépenses. Il faut faire les choses sérieusement et sans mentir, c'est ce que je fais, et vous l'avez bien profond ».

Il réitère sa détermination à ne « surtout pas faire la politique pour laquelle il a été élu », parce que « c'était du pipeau pour avoir vos votes ».

Plus tard, un homme exprime sa colère. « Vous écrasez les gens », proteste-t-il. Le Président de la République ne se démonte pas. « Oui, on vous écrase. Je veux vous la mettre en profondeur. Je vais vous faire un fisc », rétorque-t-il, lui jetant un regard lubrique. Les gardes du corps évacuent le malandrin rouge de colère alors qu'il tente de se jeter sur lui.

Peu après, un vieil homme lui fait remarquer que le gouvernement reprend « doublement » ce qu'il donne « d'un côté ». « Oui, vous avez fait votre calcul, je parie que vous êtes perdant, c'est comme ça », lui assure le chef de l’État, qui ne veut « rien céder ».

Quant à la hausse du prix de l'essence et du diesel, « le carburant, c'est pas Bibi », assure-t-il, reportant la responsabilité sur le prix du baril de pétrole, dont le cours est pourtant redescendu depuis un mois. Il reconnaît cependant que l'augmentation des taxes est de son fait, et qu'il « assume », tout en n'écartant pas la possibilité d'aller encore plus loin.

Ses propos suscitent cette réaction d'une autre personne : « vous ne sentez pas le malaise en France qui monte ? Vous n'avez pas connu mai 1968. Vous étiez trop jeune ! Vous avez vu la colère qui monte ? Le 17 novembre vous allez voir ! ». Emmanuel Macron répond avec le plus grand calme : « Non, je n'étais même pas né en 1968. Mais je connais l'Histoire. Vous qui n'avez pas fait d'études n'avez sûrement pas entendu parler de la révolte des canuts à Lyon. En 1834 le peuple s'était soulevé, l'armée a encerclé la ville. Six cents ouvriers ont été tués, et dix mille ont été condamnés à la déportation, ou à de lourdes peines de prison. Faites attention à ce que vous faites, j'ai la même poigne qu'Adolphe Thiers ».

 

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