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Pour sortir de la crise des Gilets Jaunes, le Président de la République a initié une longue phase de concertations avec le peuple, afin de mieux prendre en compte ses aspirations. Il se déplace donc de ville en ville et fait des discours pendant des heures, suscitant l'admiration des foules. Leur simple contact permet à notre incroyable président de sentir de quoi ils ont besoin.

 

Reportage à Chavignal-Glaiseux

Nous avons pu assister à un épisode du Grand Débat National dans un petit village de la campagne berrichonne. La route d'accès est verrouillée par deux chars d'assaut et une cinquantaine de gendarmes. Plusieurs hélicoptères Puma et des avions de chasse volent dans le ciel. Grâce à notre accréditation de journalistes, nous pouvons entrer, après une petite demie heure de contrôles et de fouilles corporelles. Lorsque nous arrivons dans le village, chaque maison est gardée par cinq CRS, afin de s'assurer que les habitants ne sortent pas de chez eux. Le député de la circonscription LREM qui accompagne notre équipe nous explique que seuls ceux qui pouvaient montrer leur carte d'adhérent au parti, et dont les réseaux sociaux avaient été vérifiés par les services de sécurité, pouvaient obtenir le droit de sortir de chez eux afin de venir participer au Grand Débat National de leur village. On n'est jamais trop prudent, il ne faudrait pas que des importuns manquent de respect au Président, ou, pire, soulèvent des questions qui fâchent.

Les villageois et la cour présidentielle sont rassemblés dans la salle des fêtes. Nous les rejoignons. L'attente est fébrile, tout le monde a hâte de pouvoir admirer les talents d'orateur de notre chef de l'Etat.

Finalement il entre, escorté d'une dizaine d'hommes particulièrement grands et musclés armés de fusils d'assaut, sous un tonnerre d'applaudissements.
Commence alors le discours, sur les vertus du dialogue, de l'écoute des citoyens, de la lutte contre l'hydre fasciste qui menace d'emporter notre belle démocratie. Il affirme ensuite sa farouche volonté de renforcer la liberté d'expression en empêchant les voix dissidentes de s'exprimer. En effet, comme il l'affirme « la liberté d'expression, la liberté de la presse, c'est surtout la liberté de dire du bien de ma politique ! ».

Il poursuit en affirmant sa ferme intention de baisser les impôts qu'il illustre par la réintroduction de la taxe carbone qu'il avait fini par supprimer sous la pression des Gilets Jaunes. En effet, ils n'avaient pas été assez intelligents et subtils pour comprendre qu'en fait, c'était une baisse d'impôts, non une hausse.

Au bout de quatre heures de discours, finalement, il laisse intervenir un homme d'une cinquantaine d'années en costume, qui ne ressemble pas aux autres villageois. Il demande au président de la République de tirer à balles réelles et d'utiliser des lance-flammes sur les manifestants qui s'opposent à sa politique, « parce que ça ne peut pas continuer comme ça ». Toute la salle applaudit son intervention. On entend des « Bravo ! Butez-les ! ».

Tout en nuances, Emmanuel Macron répond que s'il est d'accord sur le fond, « il risque d'avoir des petits problèmes avec les Etats-Unis », donc il préfère s'abstenir. Ses chers partisans devront se contenter de voir les Gilets Jaunes éborgnés et mutilés par de simples LBD et grenades de désencerclement.

Puis il part dans des envolées lyriques sur les vertus de la Révolution qu'il promeut pour le pays. Le discours dure encore quatre bonnes heures, durant lesquels les habitants du village qui ont eu le droit d'entrer dans la salle écoutent avec ferveur leur grand homme. L'allocution se termine par de longs applaudissements ponctués de vivats.

 

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